Datation du Saint-Suaire aux rayons X du linceul de Turin : toutes les explications
L’étude du Centre national de recherches italien Liberato De Caro.
L’angle de diffusion nous informe sur l’élasticité du matériau.
-Si l’angle est nul, ça signifie que le matériau est parfaitement élastique.
-Si l’angle est élevé, le matériau à perdu de son élasticité.
Ce vieillissement dépend de trois paramètres. La durée, l’âge de l’échantillon bien sûr. Mais aussi des conditions ambiantes que le linceul a rencontrées tout au long de son histoire.
C’est à dire, la température et l’humidité.
Plus la température est élevée plus la dépolimerisation est forte. Plus le vieillissement est accéléré. C’est la même chose pour l’humidité.
L’échantillon qui a servi à cette étude est composé de quelques fibres. L’ensemble fait 1mm de long par 1/2mm. C’est vraiment tout petit.
On a fait 8 séries de clichés, en remontant le long des fibres, tous les dixième de millimètres.
Comme on observe l’échantillon au niveau inter-atomique, on a eu recours à une nouvelle technologie.
Il s’agit de la diffusion de rayons X aux grands angles (WAXS), ou wide angle X-ray scattering.
Avec le même mode opératoire on a testé d’autres tissus en fibre de lin.
Il y avait quatre échantillons de tissus témoins dont la datation est avérée :
-des fibres de lin datant des années 2000, du lin quasiment neuf,
-un autre du haut Moyen-Âge daté entre 500 et 600 de notre ère,
-un troisième datant du siège de Massada, pres de la mer morte, estimé entre 55 et 74, quelques années après la passion du Christ.
-et le dernier, datant de l’Égypte ancienne, plus de 3000 ans avant Jésus-Christ.
L’échantillon pour la nouvelle datation du linceul du Turin provient de ceux prélevés en 1988 pour les tests au carbone 14. On avait gardé des échantillons. Les autres avaient été détruits.
La méthode de datation aux rayons x est intéressante parce qu’elle laisse les échantillons intacts. Les tests sont non destructifs.
En archéologie, la datation par les rayons X est de plus en plus utilisée. Pour des objets, un linceul par exemple conservé dans un sarcophage. Les résultats du test au carbone 14 et la méthode des rayons X coïncident. Mais pour le linceul de Turin, il faut tenir compte du fait qu’il a voyagé, qu’il à été soumis à la lumière du soleil, qu’il a été manipulé par des milliers de mains… et pendant des siècles.
D’autre part la technique de datation au carbone 14 a considérablement évolué depuis les années 80.
Les tests aujourd’hui sont tous réalisés sous vide dans des conditions environnementales et atmosphériques très précises. Ce n’était pas le cas en 88.
Maintenant, après avoir parlé de la technique mise en œuvre pour cette nouvelle datation, passons aux résultats donnés par une équipe du CNR. Le prestigieux Conseil national italien de la recherche.
Les résultats ne correspondent pas à la datation de 88 au carbone 14.
Les scientifiques sont prudents et humbles. Ils disent que les tests peuvent être réalisés sur de toutes petites portions d’échantillons et que ces tests peuvent être répétés autant de fois qu’on le désire.
Les tests peuvent egalement être réalisés à l’aveugle sans connaître la provenance de ces fibres. Ce qui n’était pas le cas en 88 parce que le tissage si particulier du linceul, un tissage en chevron… rendait ces échantillons clairement identifiables.
La depolimerisation des échantillons de fibre de lin a été évaluée à 60%.
L’analyse aux rayons X a montré que pour obtenir ce vieillissement observé de 60%, il faut 20 siècles à une température moyenne comprise entre 20 et 22,5 degrés et une humidité moyenne comprise entre 55 et 75%.
Ce résultat correspond aux moyennes climatiques observées dans cette large zone comprise entre la Palestine et la France.
En 20 siècles si le linceul était resté à la température moyenne de 22,5 degrés à 55 % d’humidité comme en Palestine, le vieillissement aurait été de 90%… toutes les fibres de lin auraient jaunies et l’image sur le Suaire aurait complètement disparue.
C’est une chance que le linceul ait été conservé dans nos latitudes tempérées pendant 700 ans. Il a pu vieillir beaucoup plus lentement.
En 700 ans, pour atteindre un vieillissement de 60%, il faut une température moyenne de 27,5 degrés comme au Mali, comme le montre cette courbe. Donc c’est clairement impossible que le linceul soit du XIV ou du XIIIe siècle !
Autre résultat intéressant apportée par l’étude aux rayons X, c’est l’écart très faible entre deux courbes.
-La première courbe correspond à l’échantillon témoin… des fibres de lin issus d’un tissu récent.
-La deuxième correspond au même échantillon soumis à une température de 200 degrés pendant une demi heure. On voit qu’il n’y a pas de différence notable. Ce qui signifie que l’exposition à de vives chaleurs que le linceul de Turin a pu connaître à plusieurs reprises n’a pas eu d’incidences sur la depolimerisation des fibres de lin et sur leur vieillissement.